ET POURQUOI PAS AILLEURS…
*carnets de voyages

12.9.18





Et pourquoi pas le Maroc?
Un pays tout proche où nous n'avions encore jamais mis les pieds. La promesse d'un vrai dépaysement, des tajines du couscous,  des pâtisseries au miel et aux amandes et du thé à la menthe. L'océan, la mer, la montagne et des médinas, tout ça dans un même voyage. Un accueil réputé chaleureux, un artisanat magnifique, un voyage pas trop compliqué à organiser et plutôt économique. Et hop, autant d'arguments qui nous ont décidé à passer cinq semaines au Maroc, du 17 juillet au 21 aout, avec un petit gars de 11 ans et deux grands de 16 et presque 18 ans. Bilan : nous avons tous savouré et adoré ce pays.

Où atterrir? Nous avons choisi la ville pour laquelle les billets d'avion étaient les moins chers. Ce fut  Fèz dans le nord du pays. C'est ici que commencera et se terminera notre voyage. 
Nous avons pas mal improvisé sur place, réservé les hôtels, locations ou riads au fur et à mesure du voyage, en nous y prenant quelques jours en avance. Nous avons voyagé en taxis collectifs + train durant la première moitié du voyage puis loué une voiture pour la deuxième. Nous avons alterné logements économiques et très beaux lieux en les négociant un peu. 
Notre périple s'est naturellement découpé en trois parties bien différentes : les villes du nord (Fèz, Meknes, Tanger) // la côte atlantique (Essaouira, Sidi Kouaki) // les montagnes du Grand-Atlas. Bref, un voyage varié que nous effectué à un rythme plus tranquille que d'habitude : incroyable, nous avons passé au moins deux-trois nuits au même endroit et même une fois cinq nuits tellement nous étions bien. 
Voici le carnet de voyage, qui avancera progressivement par ici et que je vous livre au fur et à mesure de la rédaction. Un seul endroit n'y figurera pas car il fera l'objet d'un livre, après que nous y soyons retourné bien sûr pour approfondir notre découverte de cette ville.




FES (et ses alentours)

Fès a été notre premier contact avec le Maroc. La médina nous est apparue depuis la fenêtre du taxi. Une vue sublime depuis les hauteurs. Le chauffeur nous a déposés porte Bab Guissa, face à un petit cimetière adossé à une colline.
La médina de Fès nous a d'emblée charmés, et après cinq semaines de voyage au Maroc, nous n'en avons pas vue de plus belle, de plus mystérieuse, de plus fascinante. Les ruelles labyrinthiques regorgent de beautés : ses murs, ses portes, ses petits commerces… Ombragées, elles protègent le promeneur de la chaleur. Un rayon de soleil, parfois se fait une place entre les interstices des toits et illumine un détail. Les artisans, regroupés par métiers, semblent être les mêmes qu'il y a deux siècles. Les couteliers, les cordonniers, les vendeurs de faïence, les ferronniers qui martèlent le cuivre à la main, les épiciers… On croise des ânes, des gamins avec leur ballon, des habitants chargés des courses du marché.
Il faut visiter la medersa Bou Inania, la plus ancienne école coranique de la ville. Et bien sûr observer le (pénible) labeur des tanneurs. La tannerie la plus célèbre est celle de la Choura (entrée gratuite mais il faut passer par de multiples boutiques de cuirs pour accéder aux terrasses) très impressionnante mais touristique. Nous avons beaucoup apprécié la visite de celle Guerniz, plus petite. Il est possible de s'y rendre seul mais nous avons accepté d'être guidés par un jeune homme. Il nous a donné de nombreuses explications, permis de traverser la tannerie et emmenés sur les hauteurs d'où la vue sur les cuves est impressionnante. Nous avons payé 10D (1€) par personne à un tanneur pour une cagnotte commune permettant, nous a t-il expliqué, d'aider les travailleurs en cas d'accident du travail ou de maladie. 




tannerie de la Choura




tannerie de la Choura





















tannerie de Guerniz


Circuler à Fès :

-à pied, dans la médina. On s'y perd forcément! 
-en "petits taxis" à l'extérieur de la médina (trois passagers maximum). Ils fonctionnent au compteur Très économique. 
-Aéroport-médina : à l'aller, nous avions réservé un taxi via notre hôtel (20€). Pour le retour, nous avons trouvé un taxi super chouette, voiture 7 places, qui nous a emmenés à l'aéroport pour 150D (15€).


Bien manger à Fès :

*Le premier soir, nous avons dîné chez Zohra (adresse du Guide du Routard), 3 derb Aïn-Nass Blida. Un cadre chaleureux (gros coussins, tapis). Nous étions les seuls clients. 
90D/8,50€ :entrée, plat, corbeille de fruits). Très bon!

*On a beaucoup apprécié notre déjeuner au Barrada Family Restaurant. Le proprio nous a directement emmené dans sa minuscule cuisine où sa femme nous a fait goûter tous les plats du jour afin que nous puissions faire notre choix : tajine d'agneau; tajine de poulet, kefkas. 
Menu à 50D (4,50€) : assortiment d'entrées, plat et thé à la menthe. Copieux et savoureux. Fermé le soir.

*Notre adresse COUP de COEUR : Le Tarbouchen°43, Talaa Kebira, rue haddadine



Découverte au hasard de nos déambulations, une adresse ravissante ouverte par des petits jeunes sympas huit mois plus tôt. Elle se trouve dans une rue fréquentée et commerçante. La petite salle est coquette mais on a eu la chance d'avoir presque à chaque fois l'une des deux tables à l'extérieur. Une cuisine marocaine revisitée, fraîche, savoureuse et légère. Leur taboulé est à tomber, le poulet aux pommes de terre à l'ail est divin (très très bonne viande et les petites patates fondantes à l'intérieur, croustillantes à l'extérieur…). Les enfants ont adoré la pizza et le burger au poulet avec chutney de mangue maison. Goûtez absolument leurs boissons-maison : le thé froid à la menthe et citron et la limonade (très peu sucrée) au romarin. Supers desserts. On aime tout! C'est bien simple, nous y sommes retournés tous les soirs de notre séjour! 
Petits prix. Plats entre 45 et 65 D (4€-6€), entrées 25 à 35 D (2-3€), boissons : 1,50€ maxi. C'est ouvert midi & soir et même pour un petit café le matin car on peut s'y installer dès 10h. 





Dormir à Fès :

*Nous avions très envie de loger dans un riad et cherchions un logement à la fois charmant et économique. Nous avons trouvé notre bonheur au Dar Bab Guissa, 33 Zenijfour Bab Guissa; où nous avons passé quatre nuits. Puis nous y sommes revenus pour une nuitée à la fin du voyage avant de prendre l'avion. Ils avaient eu la gentillesse de nous garder une épaisse couverture achetée à Serfou, ce qui nous a évité de la trimballer pendant un mois.
Riad très bien situé dans la médina, à deux pas de la porte Bab Guissa. Nous avions réservé une chambre familiale. Chambre de 46 m2, composée d'une vaste pièce avec un lit double + un lit simple et une petite chambre avec deux lits simples. La salle de bain marocaine est adorable, eau bien chaude dans la douche, clim' et une très jolie déco, élégante, chaleureuse et pas trop chargée. Lits vraiment confortables. Le petit-déjeuner est généreux et varié. Accueil adorable. wi-fi. Un riad familial qui compte seulement six chambres dont deux familiales  à l'étage (quasi identiques : l'une est verte l'autre rouge. je préfère la verte!). Un très très bon rapport qualité prix. (évitez la chambre du rez-de-chaussée qui donne directement sur le salon où est servi le petit déjeuner : forcément bruyant!)
Le riad n'a pas de site et il faut donc réserver via une plate-forme. Nous sommes passés par Expedia. Tarif : 51€ la chambre familiale, petit-déjeuner inclus. Ajoutez 2€/pers/jour (sauf pour les - de 12 ans) pour la taxe de la ville. C'est par ICI.











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Une journée à SEFROU + Bhalil

SEFROU 
A une vingtaine de minutes de Fès, une bourgade vraiment charmante. La médina, entourée de remparts, est jolie comme tout. On peut y pénétrer par plusieurs portes, la principale étant la Bâb-el-Maqam, située sur la grande place. Les étals de fruits et de légumes du marché ressemblent à des peintures. Dès que l'on s'écarte des ruelles animées, on se retrouve dans un paysage d'île grecque : murs blancs peints à la chaux, femmes aux fontaines. Les couleurs vives du marché et sa joyeuse ambiance contrastent avec le blanc des ruelles autour et leur calme. Les gens sont souriants, bienveillants et vous souhaitent la bienvenue. Une femme dont j'admirais le bouquet de menthe fraîche me l'a spontanément offert et il n'y pas eu moyen de refuser. Des cigognes sont perchées sur des nids installées en haut des minarets. Sefrou est la ville de la cerise. Un festival lui est dédié chaque année. Les murs arborent des peintures de cerise et sur les étals des marchés, les différentes variétés de cerises rivalisent de beauté! 

































aller à Sefrou : le moyen le plus économique consiste à prendre un "petit taxi". Au compteur il vous coûtera 10-15D/ taxi (soit environ 1€) pour aller jusqu'à la station d'où partent des taxis collectifs. Le taxi collectif dispose de 6 places et chaque passager paie 12D (1€). Le taxi part quand il a ses six passagers. Si vous ne souhaitez pas attendre, il est toujours possible de payer les places des passagers manquants.  Comptez un quart d'heure de trajet pour le premier taxi et une vingtaine de minutes dans le second.
déjeuner à Sefrou : 
Nous avons déjeuné dans une gargote, Al Farah et nous nous sommes installés à une table à l'ombre d'un grand arbre. Plats à 25D (2,3€) : 1/4 de poulet rôti ou brochettes (bœuf ou poulet) avec riz ou frites. 15D (1,2€) la grosse salade. Simple et bon. Et on est aux premières loges pour voir passer le habitants qui vont et viennent. 
Boire un thé à Sefrou : juste à l'entrée/sortie de la porte principale, au café Babalmakam, aux allures coloniales mais un peu défraîchi, ce qui donne un résultat assez sympa. Pas une femme à l'horizon mais j'ai été bien accueillie pour autant. Le thé et le café sont bons et les yeux des messieurs rivés sur une télé qui passait un thriller américain. Chouette endroit pour une pause!
Où acheter une (magnifique!) couverture berbère : alors pas facile à expliquer. Lorsque vous descendez la ruelle en direction du resto Al Farah, juste avant d'y arriver il faut entrer dans une petite cour sur la droite. Plusieurs ateliers sans enseigne. Nous n'aurions jamais vu cet endroit sans notre guide. Nous avons trouvé notre couverture dans un minuscule atelier au fond à gauche de cette cour. Une seule pièce avec un métier à tisser et une énorme pile de couvertures. Certainement moins cher que dans les boutiques. Nous avons payé la nôtre 50€ (épaisse, très grande et chaude… vivement l'hiver!). 
déjeuner sous l'arbre à Sefrou



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BHALIL 



Depuis Sefrou, après le déjeuner, nous avons pris un taxi (4D/pers, soit moins de deux euros pour nous cinq) pour Bhalil, un étonnant village troglodyte. Un "guide" nous a harcelés pour nous faire visiter les lieux. Nous avons eu beau parlementer, expliquer, décliner… impossible de nous en défaire et nous avons cédé! Il s'est avéré sympathique et intéressant et nous a donné des explications enrichissantes sur le village et permis d'entrer dans une habitation troglodyte où une femme nous a servi un thé à la menthe. Ce village perché dans la montagne offre un panorama impressionnant et se perdre dans les ruelles est un bonheur. Vous croiserez partout des femmes de tout âge occupées à fabriquer des boutons de djellabas en fils dorés qui seront vendus aux alentours. 










Si vous avez le temps, je vous conseille de passer la nuit à Bahlil. Nous n'avions pas anticipé et notre nuit était déjà réservée à Fès, mais nous avons visité une chambre d'hôte au charme fou dans laquelle j'aurais adoré séjourner. Elle est tenue par Béatrice et Kamal (que nous n'avons pas rencontrés, mais grâce à notre guide nous avons pu visiter toutes les chambres). Un lieu calme et apaisant, une déco parfaite. On a adoré les couvertures berbères qui recouvrent chaque lit et notre guide nous a conduits ensuite dans une minuscule échoppe de Sefrou (voir plus haut!) où nous avons pu en acheter une à prix négocié. 

Dar Kamal Chapui : http://www.kamalchaoui.com. 50-60€ environ la chambre double.





Meknès (+ Moulay Idriss)


Depuis Fès, nous avons opté pour le train pour nous y rendre car nous devions de toutes façons passer à la gare réserver des billets de train de nuit pour plus tard dans le voyage. Le trajet Fès-Meknès coûte 22D/2€ et dure 35 minutes (officiellement, car en fait on a mis près d'une heure). Le plus simple reste sans doute le taxi collectif.
Nous avons trouvé beaucoup de charme à la place El-Hedim, bien plus qu'à la célèbre place Jemaa El Fna de Marrakech. Le soir, en particulier elle s'anime : charmeurs de serpents, vendeurs de fringues, mini-manèges pour les enfants… Elle fait face à la très belle porte Bab el-Masour. La médina nous a moins séduits que celle de Fès car on y croise presque plus de vendeurs de baskets et de maillots de foot que de petits artisans locaux. Mais Marius et Tristan ne savaient plus où donner de la tête devant les rayons de (fausses) baskets de marque. Les modèles les plus récents y sont déjà en vente, très bien imités et dix fois moins cher que les originaux. La contrefaçon est interdite, je sais je sais… (mais j'avoue que mes scrupules se réduisent à néant face aux imitations de baskets de certaines marques que je ne citerais pas et ni à celles des maillots de foot vendus à des prix tellement scandaleux). Bref, médina moins charmante qu'à Fès mais elle recèle tout de même des ruelles dans lesquelles nous avons adoré nous perdre.
Le musée Dar Jamaï était fermé pour rénovation (il devrait rouvrir ses portes fin 2019). Nous avons visité les immenses greniers et les écuries Heri es-Souani, à 2 kms (facile d'y aller à pied). L'endroit est impressionnant par sa taille et ses immenses voûtes mais nous y avons trouvé un intérêt assez limité. Pas indispensable selon nous.
Nous avons passé trois jours et trois nuits à Meknès, mais le troisième jour était de trop. 







vue de la terrasse du Riad Zahraa
















place El-Hedim



Où manger à Meknès :
(évitez les restos qui s'alignent le long de la place El-Hedim. Plats sans intérêts, prix raisonnables  à priori, mais le service n'est pas inclus et ça c'est écrit en tout petit et ça fait grimper la note).
La meilleure harira (soupe à la tomate et légumes secs, mais la recette et les ingrédients varient beaucoup d'un endroit à l'autre) de notre voyage c'est dans une gargote de la médina que nous l'avons trouvée. Au prix de 4 D (35 centimes d'€). Accompagnée d'un sandwich aux beignets de pomme de terre (même prix) et voilà un repas pour presque rien, plein de saveurs et servi par un jeune homme adorable dans un coin très chouette et animé de la médina. Pas très facile à trouver mais voici l'adresse : Kabt souk El Krastoum n°50, à l'intersection de deux ruelles. On peut s'installer dans la petite salle (pas très sympa) où à l'extérieur, autour de la seule table installée, juste devant leur cuisine (bien plus chouette!). Et après dîner, on va prendre son thé à la menthe, juste au dessus, dans la petite rue qui monte à droite. 



la meilleure harira du Maroc (si, si!)

Où boire un verre à Meknès :

Ne quittez pas Meknès sans avoir pris un verre en début de soirée au café-restaurant Place Lehdime dont les terrasses s'enchaînent. La plus haute offre la plus jolie vue sur la place El-Hedim. Nous avons eu de la chance d'obtenir une place aux premières loges. Dégustez un jus de banane au lait ou un jus d'oranges pressées (13D/1€) en observant la place qui s'anime éclairée par  la sublime lumière de fin d'après-midi…
la belle vue depuis le café Place Ledhime


Où boire un vrai bon café :

Chez Carrion dans la médina. Une petite échoppe en bois, à l'ancienne, qui vend du café en grains, moulu et même en capsules. Pour déguster c'est à emporter car il n'y a pas de table ni de comptoir, mais on se régale de ce café de qualité. Carrion ce sont des maîtres torréfacteurs au Maroc depuis 1924. Accompagnez votre expresso d'une brioche tout juste sorti du four… (on les a trouvées dans une petite échoppe à deux pas du café)







Où dormir à  Meknès :

Au riad Zahraa Al Ismailia. Malheureusement le riad n'a pas de site et il faut passer par une plate-forme de réservation. Un riad de charme, aux parties communes décorées avec goût. Les chambres sont installées dans deux parties différentes du riad. Le logement présenté comme "l'appartement"  correspond bien à deux chambres (comme indiqué sur le site), mais elles sont séparées par un étage (parfait pour nous, mais compliqué si vous voyagez avec de jeunes enfants. Ce n'est donc pas un appartement!).  Elles sont situées dans une aile plus moderne, au dessus de la piscine. Les deux chambres (un lit double + un lit simple par chambre) sont petites, sobres et simples,  très propres et avec leur salle de bain privée. Cette aile plus moderne ne comprend que ces deux chambres, ce qui vous donne une certaine indépendance. De plus, elles sont hyper calmes. 
Les autres chambres se trouvent dans la partie traditionnelle du riad, avec une déco typique beaucoup plus charmante, mais elles sont plus bruyantes (évitez absolument celles du rez-de-chaussée car réveil assuré dès le premier service du petit-déjeuner) et il y a davantage de promiscuité. L'hôtel est équipé d'une toute petite piscine mais elle est super agréable pour se rafraîchir! Le petit-déjeuner est copieux et délicieux. Le riad dispose d'une terrasse avec une belle vue sur la ville. Une jolie adresse et un bon rapport qualité-prix.
Nous avons payé 75€/ nuit  pour les deux chambres triples ("l'appartement), petit-déjeuner compris. (ajouter les taxes de la ville 3€/jour/personne).  

Riad Zahraa al Ismailia, 5 Derb Sidi Abdellah El Kassri Toua Medina, 




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Une journée à Moulay Idriss







A 22 km de Meknès, Moulay Idriss est accessible très facilement depuis Meknès. Prendre un taxi collectif sur le parking face à l'institut français. 10D (0,90 cts d'€)/ pers ou 60D pour privatiser le véhicule sans attendre que le taxi ait atteint les 6 passagers. La route est magnifique, bordée d'oliviers. 
Nous avons d'emblée été conquis par le charme de Moulay Idriss, par sa place de village et ses étals de fruits et de légumes à l'ombre des grands arbres. Plus haut, la grande place Mohammed VI est bordée de cafés aux allures coloniales et aux belles terrasses. Nous avons fait une halte au café-salon de thé Marhaba où l'on vous sert de délicieux jus de fruits frais (goûtez le mélange de banane, pomme et orange) à 8D (70 cts d'€) et bien sûr du thé à la menthe.
La vie est douce à Moulay Idriss. Ici encore plus qu'ailleurs, les gens prennent le temps de vivre et le temps s'étire. Les murs ont couleurs pastels et les habitants le sourire aux lèvres.
Parmi les beautés de Moulay Idriss, son mausolée (on peut juste l'apercevoir, l'accès étant interdit aux non-musulmans), son minaret dont la spécificité est sa forme cylindrique. Tout le monde vous indiquera comment accéder aux deux terrasses qui offrent un superbe point de vue sur la médina et qui vous feront emprunter des ruelles magnifiques. 
Pour un peu de fraîcheur, vous pouvez plonger dans la piscine naturelle d'Hel Hamma, dans un un très beau paysage de montagne. Les enfants y barbotent, les ados font des concours de sauts mais pas une femme dans la piscine. Elles restent couvertes à côté du bassin. Pour y accéder, suivre la route principale (celle qui grimpe) depuis le village durant 1 km, puis tourner à droite et marcher encore une vingtaine de minutes.
Boulay Idriss est le point de départ idéal pour découvrir les ruines romaines de Volubilis.  Les bus sont peu nombreux et le plus simple est de prendre un taxi. Comptez 150D pour 5 personnes pour l'aller-retour depuis Moulay Idriss. 
Les touristes se comptent sur les doigts d'une main. Nous avons fait l'aller-retour dans la journée, mais il existe quelques maisons d'hôtes et nous aurions adoré y passer la nuit.







 








à la terrasse du Marhaba




















2.4.18

Deux jours {et demi} à Marseille





En plein mois de janvier frisquet, mon amie Raphaële me lance : "J'ai bien envie d'aller voir l'expo roman-photo au MUCEM à Marseille. Tu viens avec moi?" Bah oui je lui dis! Avec sa carte week-end, elle nous dégote des billets de train pas chers (ok, le départ est à 6h du matin un vendredi mais en Première classe madame!) tandis que je cherche notre petit nid pour deux nuits.
Vendredi 30 mars, nous débarquons à Marseille sous un soleil radieux. Raphaële elle est plutôt branchée églises, expos et randos dans la nature, moi, j'adore bien manger et découvrir des petits coins secrets. On aime toutes les deux arpenter les villes à pieds (on a tellement tracé que raph a chopé une tendinite à la cheville), les librairies, les cafés au soleil. Bref, notre duo a bien fonctionné malgré quelques ratés le dernier jour (sur une idée de moi, nous avons a marché longtemps pour atteindre le village des antiquaires rue Fifi Turin, et c'était pas super/ puis Raphaële a voulu revoir la mer du côté des Docks, mais elle est cachée par des centres commerciaux). On a marché des kilomètres et des kilomètres pendant ces deux jours (et demi) sans arrêter de papoter et de rigoler. Nous avons pris une bonne dose du soleil, des bons coups de vent aussi, découvert Le Panier, La Canebière, Corniche Kennedy (comme le livre), les Calanques… tous ces noms qui évoquent Marseille, et d'autres coins moins connus.

 Je vous propose ici un petit city guide très modeste car c'était notre première fois à Marseille et que nous y avons fait un séjour très court. Je ne vous proposerai pas de carnet de voyage organisé car nous avons arpenté la ville de manière désordonnée et improvisée. Toujours à pied sauf pour aller admirer les calanques et pour découvrir la Cité radieuse.  Bref, voici un petit carnet pèle-mêle à l'image de cette ville joyeuse et bordélique!
{nous avions dans notre besace le Cartoville pour ses plans hyper pratiques + le M.P.A n°10 sur Marseille}





























































Un peu de culture…

Nous avons découvert le sublime MUCEM, qui a ouvert ses portes en 2013 à l'occasion de l'année de la Capitale européenne de la Culture. Ce bâtiment est relié au Fort St Jean par une passerelle. Il est signé par l'architecte Rudy Ricciotti et mis en lumière par Yann Kersalé. Un bâtiment de toute beauté qui s'harmonise superbement avec son environnement naturel. 
Nous avons visité l'expo consacrée au roman-photo (jusqu'au 23 avril 2018). Amusante, agréable mais qui manquait un peu d'épaisseur et d'explications. Pas grave, c'était joli, léger et sympa!










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La Cité Radieuse est l'œuvre de Le Corbusier. Cette Première Unité d'Habitation (d'une série de 5) a été construite de 1947 à 1952. L'immeuble abrite 337 appartements (sur 23 modèles différents) répartis sur neuf étages. Les appartements sont très profonds, traversent le bâtiment et donnent donc  sur l'est et l'ouest. Ils sont toujours occupés (par de vrais habitants!). Pour visiter l'appartement-témoin avec un guide (10€), il est impératif d'anticiper et réserver à l'avance (tel : 0826 500 500). Ce que nous n'avions pas fait et quel dommage. Nous avons donc admiré la facade, le hall, pris l'ascenseur et avons d'abord fait halte au 3e étage. Pause café dans salle du restaurant dont les tables sont signées Charlotte Perriand, les lampes ("Laroche") Le Corbusier et Gaetana Aulenti. La terrasse offre une vue impressionnante mais le vent était un peu frisquet et nous nous sommes réfugiées à l'intérieur. Nous n'avons pas testé le restaurant mais voilà une belle idée de cadeau : un dîner au Ventre de l'architecte, l'une des meilleures tables de Marseille, avec une nuit dans l'une des 21 chambres de l'hôtel.  Les prix restent accessibles : de 79€ pour les cabines Modulor à 158€ pour les chambres doubles de luxe avec balcon et vue sur mer ou sur parc. Allez jeter un oeil aux photos par ICI. Ça donne sacrément envie!
Au même étage, nous avons fait un tour dans une toute petite boutique de design. Petite sélection mais tout y est beau : posters, mugs, maquettes et un peu de mobilier. Elle jouxte une librairie dédiée au design et à l'architecture. Un peu plus loin, les locaux (vides) d'un petit supermarché libre-service imaginé par Le Corbusier. Une nouveauté à l'époque! L'immeuble abrite aussi une école maternelle et des bureaux. Et il faut aller jusqu'au toit pour admirer la vue. Chaque étage a sa couleur dominante. Dans l'ascenseur, on croise des habitants avec leurs sacs de course.
Plus d'infos : par ICI ou encore par LA et aussi LA

Pour y aller : nous avons pris le bus 21 qui nous a déposées quasiment au pied de l'immeuble sur le chemin du retour des Calanques.





 




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Voir la mer…

Allez se balader sur le Vieux Port bien sûr/ marcher le long de la Corniche Kennedy / s'offrir une excursion aux Calanques (nous sommes allées à celles de Sugiton: bus 21 au départ du rond point du Prado et descendre au terminus, Luminy. Temps radieux et pique-nique face à une vue merveilleuse!)

pique-nique aux calanques…



Le carnet d'adresses…

Vendredi midi nous avons déjeuné aux Succulentes, un tout petit endroit ravissant tenu par deux amies, Aurélie et Coralie, et découvert au hasard de mes balades sur Instagram. La déco est charmante, on peut y acheter des cactus, du chocolat et des plantes grasses, se régaler sur place ou emporter son repas, petit-déjeuner, déjeuner goûter ou bruncher…
Alors, nous on a opté pour le Menu Mix à 12,50€ qui vous donne droit à deux éléments au choix parmi le Petit Bol, la Petite Soupe et la Tartine salée. Le menu est servi avec un dessert et une boisson. Nous avons dégusté une délicieuse salade de quinoa/grenade/potimarron/noisettes + une tartine avocat-betteraves-feta + un (incroyable) choco-marron (l'un de mes desserts préférés et celui-là est l'un des meilleurs de ma vie! et en plus pas de frustration, la part était énorme) + un verre de citronnade maison à peine sucrée juste ce qu'il faut.

Succulentes,  16 bd Vauban. Du lundi au vendredi 8h30-18h et le samedi 9h30-17h30







                                                                   


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Vendredi soir, nous avons dîné tout près de notre logement, dans un resto égyptien bien cosy. "Nous sommes deux" dis-je en arrivant, "Je suis un", me répond le serveur! Bref, ici l'ambiance est bon enfant. Le resto était plein (ce qui est toujours bon signe) et petit coup de chance, il restait une petite table dans la salle du fond avec deux coussins en guise de chaises. Nous avons pris l'un des cinq plats du jour. Raph a choisi les calamars, moi les crevettes. Portions énormes (de mon côté une dizaine de grosses crevettes, parfaitement cuites, bien fermes), avec riz (très bon),  soupe froide,  soupe chaude, du bon pain, petite salade. Bref, de quoi nous remettre largement de notre journée de marche. Seul le thé à le menthe était décevant. Une addition bien raisonnable : 36€ pour deux. Petite précision : la Cantine de Nour ne sert pas d'alcool.

La Cantine de Nour, 10 rue Bernex. Ouvert du lundi au samedi midi et soir. Le dimanche seulement le midi.  





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Samedi soir, nous avons opté pour Au bout du quai, un resto plus classe et gastronomique. Nous avons réservé mais un peu tardivement dans la journée et il ne restait de la place qu'au comptoir. Banco.  C'était très bien, nous avions une très jolie vue sur le port. La déco est ravissante, l'accueil sympa même si service un chouia lent ce soir là. Raphaële a pris un plat de viande et de mon côté je me suis régalé d'un tartare de thon au citron vert. Côté prix, nous avons choisi des plats dans la fourchette basse (18-21€) mais ils tournent plutôt autour de 25-30€. Excellent petit vin blanc (4,50€ le verre). Une bien jolie adresse dans le bas du Panier, des produits très frais.

Au bout du quai, 1 avenue St Jean, 2eme arrondissement



la jolie vue du comptoir d'Au bout du quai
                            



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Envie d'un petit verre de vin avant le dîner, nous avons choisi Les buvards, un chaleureux bar à vin dans le quartier du Panier. La patronne nous a suggéré un vin rouge que nous avons trouvé bien réconfortant. Il s'appelle "Mariole" (4€ le verre)

Les buvards, 34 Grand rue, 2e arrondissement






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Nous avons dégusté une glace (artisanale of course) à L'éléphant rose à pois blancs. Sorbet orange sanguine + chocolat noir pour moi, glace miel fleur d'oranger + caramel beurre salé pour Raphaële (4,50€ les deux boules). On peut aussi déguster des crêpes et des gaufres. Miam.

L'éléphant rose pois blancs, 13 rue des Trois Rois, 6ème arrondissement



orange sanguine-chocolat noir


                                                               




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Raphaële et moi partageant une passion pour les livres, impossible de  résister à quelques librairies : une halte à la librairie de La Bourse Frézet, dédiée au voyage. Les livres s'entassent dans un joyeux bazar, grimpent jusqu'au plafond dans une ambiance de librairie à l'ancienne. On est déjà en voyage! Vous y trouverez la collection "In the mood for…". Attention, un seul exemplaire de chaque livre (Porto/Bruxelles/Paris/America), si vous en voulez un, il faut faire vite!
On a adoré flâner à l'Histoire de l'œil, petite librairie riche en ouvrages photo, graphisme, architecture avec un chouette rayon littérature jeunesse. La librairie du MUCEM, bien sûr, est superbe. 


Librairie de La Bourse Frézet

































Nous avons flâné chez Honoré, tentante boutique de déco (les belles planches à découper…!) où l'on trouve aussi les Toc Toc Toc et les Openhouse. Egg, un espace de fringues vintage, s'est installé dans un (joli) coin de la boutique. La sélection est très très belle. Des vêtements qui ont  tous une âme et un style, en excellent état et à des prix complètement abordables (allez jeter un oeil sur leur compte instagram : @egg_marseille)


Egg (121 rue Sainte, 7ème)

Honoré (121 rue Sainte)


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Pour dormir, nous avons cherché un logement économique, joli et bien situé. Pas facile mais La Maison Dormoy, dans le quartier de Longchamp,  propose le trio gagnant. Isabelle, Marseillaise d'adoption depuis 8 ans, a rénové un imposant hôtel particulier. Elle a décoré plusieurs vastes chambres avec goût, toutes situées au 1er étage.
Nous n'avons pas rencontré la propriétaire des lieux mais elle nous a envoyé plein d'infos avant notre arrivée et a pris des nouvelles durant notre séjour.  Elle a été très souple sur nos horaires d'arrivée (vers 9h30) et de départ (14h30). Nous avons séjourné dans la suite Emma, spacieuse, élégante et baignée de lumière. Un large lit ultra confortable, des draps en lin, une table et deux chaises, un petit balcon où nous avons pris notre petit-déjeuner chaque matin. La salle de bain est hyper propre, la douche grande et agréable. La chambre dispose d'une kitchenette très bien équipée pour qui voudrait dîner sur place (frigo, micro-onde, bouilloire, couverts etc…). Une machine à café avec une réserve de capsules est à votre disposition (on a adoré prendre notre petit café avant d'attaquer la journée!) ainsi que des sachets de thé et de tisane et deux petits paquets de chips! Le lieu est d'un calme absolu. Il y avait même des petits œufs Kinder dans l'entrée (c'était le week-end de Pâques!).

La maison est située à deux stations de métro de la gare St Charles (ou à 15-20 minutes à pied). Au bout de la rue (sur la gauche en sortant) on découvre la charmante place Sébastopol avec un petit marché le samedi, une boulangerie excellente, Les délices d'Ambre (j'ai adoré leur pain aux figues), Au Royaume de la Chantilly (un monde de dingue, j'imagine que les produits y sont excellents) et un petit supermarché Spar super pratique.
Si l'on à droite, puis  à gauche au bout de la rue Max Dormoy, on arrive bd de la Libération (avec plein de brocs) qui vous mène tout droit (moins de 10 mn) sur la Canebière. Bref, emplacement bien pratique.

Maison Dormoy, rue Max Dormoy. Suite Emma (il y avait une petite promo pour cette période et nous avons bénéficié du prix attractif de 61€ la nuit).